Préserver sa santé mentale quand on entreprend : conseils anti-burnout
L'entrepreneuriat peut mener au burnout si l'on ne préserve pas sa santé mentale. Découvrez les témoignages et conseils pratiques d'Alexandre Dana pour éviter l'épuisement et construire un équilibre durable.

L’entrepreneuriat est souvent présenté comme un idéal de liberté : travailler pour soi, suivre ses idées, créer un projet porteur de sens. Mais pour beaucoup d’entrepreneurs, cette aventure peut aussi devenir un terrain miné pour la santé mentale.
Dans un épisode du podcast Nouvel Œil, Alexandre Dana – fondateur de LiveMentor et auteur de Entreprendre et surtout être heureux – raconte comment son identité s’est peu à peu confondue avec celle d’« entrepreneur ». Au point que le moindre détail qui cloche dans l’entreprise donnait l’impression que toute sa vie s’effondrait.
Ce témoignage résonne fortement avec la philosophie de Santé Mentale 360°, qui insiste sur l’importance de ne pas réduire une personne à un seul rôle ou à un seul symptôme, mais de comprendre l’humain dans toute sa complexité.
Un enfant qui ne “tient pas en place” devenu entrepreneur multipotentiel
Enfant, Alexandre passe sans cesse d’une activité à l’autre : badminton, football, gymnastique, violon, saxophone, chorale… Ses parents lui disent qu’il n’arrive pas à rester sur un sujet, sans que ce soit une critique violente, plutôt un constat.
Adulte, il soupçonne un TDAH léger (qu’il n’a pas encore fait diagnostiquer), ce qui donne soudain une cohérence à ce profil “touche-à-tout”. Surtout, il a transformé ce qui pouvait être vu comme une “instabilité” en force créative :
- Il n’a jamais été salarié.
- Il a toujours créé ses propres projets.
- Il organise sa vie pour ne pas se lasser : plusieurs missions différentes dans une même journée, des projets variés, une forte dose de créativité.
Ce regard est précieux : ce qui ressemble à un “problème” quand on essaie de rentrer dans un moule peut devenir une force si l’on adapte son environnement à son fonctionnement réel. C’est au cœur d’une approche 360° : partir de ce que la personne est, plutôt que la forcer à rentrer dans un modèle unique.
Du premier échec au burnout : quand la résilience devient dangereuse
Sa première entreprise se solde par un dépôt de bilan. Sur le moment, Alexandre ne tire pas vraiment de leçons sur lui-même :
- Pas de coach,
- Pas de mentor,
- Pas de thérapeute,
- Peu de recul sur ses besoins profonds.
Il enchaîne ensuite avec LiveMentor, mais répète beaucoup d’erreurs :
- Journées entières seul derrière un ordinateur,
- Tâches très techniques (code, site web, repositionnement) alors que ce qui le nourrit vraiment, c’est la relation humaine,
- Très peu de plaisir au quotidien.
Résultat : deux burnouts.
Ce qu’il décrit est typique d’un certain modèle de “résilience” dangereux : serrer les dents, tenir, continuer à avancer même quand tout le corps et l’esprit envoient des signaux d’alarme.
Dans l’interview, il lance un avertissement très clair :
Attention à la résilience, à ces moments où l’on serre les dents en se disant que ça va passer. Souvent, ça finit par craquer — et remonter après un vrai crash est bien plus difficile.
C’est exactement ce que rappelle le guide Santé Mentale 360° : ne pas attendre l’effondrement pour chercher de l’aide, et prendre au sérieux les premiers signaux de burnout, d’anxiété ou de dépression (troubles du sommeil, fatigue chronique, idées noires, irritabilité, etc.).
L’obsession du détail : quand tout repose sur l’identité d’entrepreneur
Parmi les “blessures” qu’Alexandre a étudiées auprès de 10 000 entrepreneurs, il en cite six :
- Peur de l’échec
- Syndrome de l’imposteur
- Comparaison excessive
- Anxiété récurrente
- Obsession du détail
- Traumatisme de l’échec
Lui se reconnaît profondément dans l’obsession du détail. Pendant des années, faute de moyens pour recruter, il contrôle tout. Quand LiveMentor grossit (15, 20, puis 100 personnes), il ne peut plus tout maîtriser – mais son identité reste entièrement attachée à l’entreprise.
Dès qu’un détail lui semble désaligné, il a l’impression que toute sa vie s’écroule.
Sa “guérison” ne vient pas d’un simple apprentissage de la délégation, mais d’un changement plus profond : reconstruire le reste de sa vie pour que son existence ne se résume plus à son entreprise.
Construire plusieurs identités pour protéger sa santé mentale
Pour sortir de cette fusion toxique avec son rôle d’entrepreneur, Alexandre a consciemment enrichi sa vie d’autres piliers :
- Relations : famille, amis, partenaire de vie.
- Sport & mouvement : pratique intense du cirque (sangles aériennes dans son appartement), volonté d’habiter son corps autrement.
- Nature & randonnée : projet d’un trek tout autour de la France, émerveillement pour les paysages français.
- Projets parallèles : podcast Métamorphose, direction de collection éditoriale, exploration de la neuroatypie et des parcours professionnels atypiques.
Ce choix de multiplier les sphères de vie est une stratégie de protection mentale : si une partie va mal (par exemple, l’entreprise), ce n’est plus tout l’édifice qui s’effondre.
C’est exactement ce que propose l’approche Santé Mentale 360° : ne pas se concentrer uniquement sur un symptôme ou un domaine (travail, médicaments, thérapie), mais travailler sur l’ensemble du système de vie : relations, environnement, corps, mode de vie, psychothérapie, médicaments si nécessaire, spiritualité, etc.
L’hygiène émotionnelle : accueillir toutes les émotions, pas seulement les “positives”
Alexandre critique deux dérives opposées :
- Une société qui exige d’être coupé de ses émotions et productif comme un robot.
- Un développement personnel “californien” où l’on devrait être connecté uniquement à des émotions très positives (gratitude, joie, enthousiasme constant).
Pour lui, l’hygiène émotionnelle, c’est tout autre chose :
Se familiariser avec toute la palette de nos émotions, même celles qui dérangent.
L’entrepreneuriat peut rapidement enfermer dans un petit rayon émotionnel :
- Acharnement,
- Défi,
- Challenge permanent,
- Comparaison.
Au contraire, il encourage à :
- Mettre des mots sur ce que l’on ressent,
- Accepter que la souffrance fait aussi partie de l’expérience humaine,
- Comprendre pourquoi certaines situations déclenchent des réactions émotionnelles très fortes,
- Parler de ces sujets dans l’entreprise (one-to-one, météo émotionnelle en équipe, séminaires centrés sur l’humain plutôt que sur les slides).
Le corps comme premier outil thérapeutique
Après son deuxième burnout, Alexandre découvre progressivement les thérapies alternatives, puis la spiritualité.
Il insiste particulièrement sur la puissance du corps, inspiré par le psy Stutz (documentaire de Jonah Hill) :
La première chose à recommander à quelqu’un qui traverse une dépression ou une crise : se remettre en mouvement – marcher, courir, sortir, bouger son corps.
Son propre changement passe par une transformation radicale de sa façon d’habiter son corps :
- Pendant ses 6 premières années d’entrepreneuriat : quasiment pas de sport, fatigue, glissement vers le burnout.
- Aujourd’hui : mouvement quotidien, pratique exigeante du cirque, attention aux douleurs et tensions, volonté de se sentir vivant dans son corps.
Ce point fait écho à ce que détaille Santé Mentale 360° : le sport adapté, la gestion du sommeil, et la détox digitale font partie des piliers clés pour diminuer l’anxiété, soutenir le cerveau et prévenir le burnout.
Alimentation : du “doudou émotionnel” au soutien du cerveau
Un autre axe majeur de transformation chez Alexandre concerne l’alimentation :
- Arrêt complet de l’alcool depuis deux ans.
- Arrêt de la viande, pour des raisons multiples.
- Jeûne intermittent (qu’il pratique depuis l’adolescence).
- Beaucoup de légumes et davantage de protéines végétales, complétées si besoin.
Il explique que, pendant des années, la nourriture – notamment le sucre – était son “doudou émotionnel” : au moindre stress au travail, il filait à la boulangerie acheter un gâteau.
Aujourd’hui, sa pratique sportive (le cirque notamment) l’aide à rester cohérent : chaque verre d’alcool ou excès sucré se paye cher à l’entraînement le lendemain. Il y a donc un alignement entre ses choix de vie et son envie de se sentir bien dans son corps.
Là encore, son vécu rejoint les axes majeurs mis en avant par Santé Mentale 360° : le guide présente en détail l’impact de l’alimentation, du microbiote intestinal, des carences et des compléments alimentaires sur l’anxiété, la dépression et le burnout.
Multipotentialité, polymath et acceptation de soi
Alexandre est inspiré par la notion de polymath : ces personnes qui s’intéressent profondément à plusieurs disciplines, et changent de champ plusieurs fois dans leur vie.
Il accepte désormais :
- Qu’il ne sera jamais l’expert archi-pointu d’un micro-sujet.
- Qu’il est fait pour explorer, relier, créer, plutôt que pour répéter le même geste technique durant 10 ans.
- Que son objectif, même dans le cirque, n’est pas d’être le plus impressionnant techniquement, mais de créer un univers singulier qui lui ressemble.
Ce changement de regard est fondamental pour la santé mentale : au lieu de se juger en permanence à l’aune d’un modèle unique de “réussite”, il se définit selon ses propres critères.
Réussir dans la vie vs réussir sa vie
Dans le cadre de son magazine Odyssée, Alexandre et son équipe ont travaillé sur une grande question : qu’est-ce que réussir sa vie ?
Il distingue clairement :
- Réussir dans la vie : suivre les injonctions sociales (gros salaire, carrière ascendante, maison, voiture, couple, enfants, corps répondant aux normes…).
- Réussir sa vie : construire une existence qui fait réellement sens pour soi, en intégrant aussi le collectif, les autres, l’écologie, la contribution.
Il critique autant :
- Un système politique qui parle surtout de masses et de catégories,
- Qu’un développement personnel hyper-individualiste où tout repose sur la volonté de l’individu, comme si chacun pouvait tout contrôler seul.
Sa vision rejoint l’approche intégrative de Santé Mentale 360° : ni tout médical, ni tout “mindset”, mais une articulation entre individu, corps, psy, environnement, relations, spiritualité, génétique, nutrition, etc.
Son message final : écouter les signaux faibles avant que ça casse
Au moment de conclure l’épisode, Alexandre donne un conseil simple et puissant :
Attention à la “résilience” qui vous fait serrer les dents trop longtemps. Quand on ignore les signaux – mauvais sommeil, fatigue, idées noires, douleurs, irritabilité – ça finit souvent par casser. Et reconstruire après un effondrement complet est bien plus long et douloureux que d’ajuster en amont.
Les pistes qu’il met en avant pour prendre soin de sa santé mentale :
- Chercher de l’aide : thérapeutes, coachs, médecins, approches alternatives…
- Se mettre en mouvement, régulièrement.
- Prendre soin de son alimentation et de son sommeil.
- Nourrir d’autres identités que celle d’entrepreneur (amis, famille, passions, nature).
- Construire une véritable hygiène émotionnelle, où toutes les émotions ont leur place.
- Créer des espaces de déconnexion : moments sans écran, retraites, temps “hors réseau”.
Ce témoignage illustre parfaitement la raison d’être de Santé Mentale 360° : vous donner une vue d’ensemble des solutions disponibles – psychothérapies, hygiène de vie, nutrition, traitements médicamenteux, approches complémentaires – pour retrouver un équilibre durable, sans attendre l’effondrement.

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